Le bilan de la sécurité routière 2015 est paru. Concernant les motards, on y constate des chiffres pour le moins intéressants…

Même si je suis plus littéraire que matheux, nous allons devoir parler chiffres et pourcentages !

Pour commencer, la mortalité motarde sur la route a baissé de 26% entre 2010 et 2015, ce qui est dans la moyenne des usagers de la route. Si ce chiffre est bon, il n’est pourtant pas question de s’en contenter. Ce sont encore trop de familles endeuillées… (614 motards tués en 2015)

Par contre, d’autres indicateurs semblent plus intéressants à regarder.

Ainsi, il apparait que 36% des accidents mortels ont eu lieu sans intervention d’un tiers. Un peu plus d’un motard sur 3 qui se tue sur la route est tombé seul. Pour les automobilistes, ce chiffre est de 50%, 1 sur 2…  Bien évidemment, cette statistique va totalement à l’encontre de l’image que veulent donner certains « bien-pensants » qui nous stigmatisent régulièrement dans les médias.

Pour les cas où un tiers est identifié, la responsabilité revient au motard dans seulement 30% des cas. La plupart du temps, le motard n’a pas été vu par l’autre conducteur. Mais il s’agit également souvent d’une trop grande assurance du conducteur de 2-roues et d’une mauvaise estimation de sa perception par l’autre.

De ce côté, des vies pourraient être épargnées en étant davantage attentifs au différentiel de vitesse avec les autres conducteurs. En effet, bien que la vitesse excessive soit une cause aggravante, c’est bien l’écart de vitesse entre les différents usagers qui est prépondérant dans ce type d’accident.

Un autre élément très intéressant de ce rapport est à chercher du coté des causes externes de mortalité.

Sur 614 tués, 54 ont perdu la vie en heurtant un arbre ou un poteau et 31 ont heurté une glissière de sécurité. Si on ne peut bien entendu pas arracher tous les arbres et les poteaux qui bordent nos routes, on pourrait épargner de nombreuses vies en protégeant mieux ces glissières.

On aborde là une question à mon avis essentielle de la lutte contre la mortalité routière : le rôle joué par les infrastructures.

J’ai longtemps travaillé dans l’aéronautique et plus particulièrement sur la sécurité des vols. Lorsque survient un accident d’avion, une enquête est ouverte pour déterminer les conséquences précises de celui-ci et trouver tous les éléments déclencheurs en remontant parfois très loin dans le temps. Absolument tous les détails sont importants : de la conception même de l’appareil à la santé du pilote, en passant par la météo et d’autres aspects parfois surprenants.

Dans le cas d’un accident de la route, il est un élément qui n’est pour ainsi dire jamais pris en compte : les infrastructures. Loin de moi l’idée d’accuser les gestionnaires des routes de tous les maux mais le fait est que nous sommes tous confrontés à des carrefours dangereux, mal signalés, des routes dégradées et autres joyeuses surprises de ce genre! Or, ces points noirs sont rarement pointés du doigt et les problèmes ne sont solutionnés qu’après plusieurs accidents.

Concernant les glissières de sécurité, si des efforts sont faits par endroits, la grande majorité des ces guillotines subsistent intactes au bord de nos routes et si un malheureux motard vient à y laisser la vie, on incriminera sa vitesse excessive mais certainement pas le fait que si la glissière avait été doublée, les conséquences auraient pu être moins dramatiques.

Soulignons enfin que la bêtise de certains reste un élément non négligeable : 24 tués ne portaient pas de casque… je préfère ne pas faire de commentaire à ce sujet mais ceci n’est pas fait pour redorer notre image…

Quant à l’alcoolémie, le motard se situe la aussi malheureusement dans la moyenne…

En conclusion, il faut que nous gardions tous à l’esprit qu’en rapport au nombre de kilomètres parcourus, nous sommes 23 fois plus exposés au risque d’accident qu’un automobiliste.

 Si nous devons continuer à nous mobiliser pour faire valoir nos spécificités et lutter contre des mesures qui n’auront comme conséquence que d’imposer de nouveaux frais (contrôle technique…), nous ne devons pas oublier que nous sommes les premiers acteurs de notre sécurité.

Cet article comporte volontairement très peu d’illustrations car les tableaux de statistiques sont plutôt rébarbatifs et les images d’accidents ne sont pas mes préférées…

Source : La sécurité routière en France  – bilan 2015 ONISR

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