A l’image de ses habitants, l’Ardèche se mérite. Elle ne s’offre pas facilement à qui veut la visiter. Bien sûr, elle est accueillante au premier abord, mais pour vraiment s’y sentir chez soi, il faudra savoir apprivoiser toutes sortes de terrains. Depuis le plus beau qui permet d’enrouler du câble le sourire aux lèvres jusqu’au plus abîmé qui oblige à rendre la main sous peine de sanction immédiate! Et lorsque l’on voit la profondeur de certains ravins, la question est vite tranchée… Cet itinéraire nous fera donc découvrir successivement tous les aspects des routes à moto de ce fabuleux département.

Le belvédère de Lalouvesc

Le belvédère de Lalouvesc

Comme de coutume, c’est par une belle montée bien revêtue que nous quittons les bords du Rhône au dessus de Tournon en direction de Saint Félicien. En s’élevant au dessus des célèbres coteaux viticoles, on quitte pour longtemps les routes sur fréquentées, les centres-villes encombrés avec leurs lots de feux rouges et autres ronds-points. Apanage des habitants des grandes métropoles, l’art de remonter les files de voitures ne sera dès lors d’aucune utilité.

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A Saint Félicien, le 2 roues est roi! On est ici dans la patrie de l’Ardéchoise, la plus grande cyclotouriste au monde! Ainsi, au fil de nos pérégrinations du jour, elle nous prêtera d’ailleurs quelques bribes d’itinéraires marqués par les fameuses flèches jaunes au sol.

En s’élevant vers Lalouvesc, les forêts de résineux nous ouvrent leurs bras formant un magnifique garde-à-vous sur notre passage. Dès lors, un arrêt s’impose dans ce très joli bourg dont le belvédère naturel somptueux sert d’écrin à une magnifique cathédrale.

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Puis la montée se poursuit vers Saint Bonnet le Froid. Si le nom de cette localité n’est pas forcément une invitation pour un motard, n’oublions pas qu’ici se dégustent quelques uns des meilleurs plats du pays dans le restaurant multi-étoilé de la famille Marcon.

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Après ces quelques hectomètres en Haute-Loire, nous voilà en route vers Saint Agrève. Ici, au niveau de la table d’orientation s’étale sous nos yeux ébahis une grande partie du plateau ardéchois. S’il ne fallait qu’une raison pour entreprendre cette balade, ce serait assurément ce panorama fabuleux dans ces couleurs d’été finissant. Ce petit détour permet également de découvrir ce charmant village dont la pierre évoque avec force la rudesse de certaines saisons.

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Prenons maintenant la direction de Saint Martin de Valamas dans un paysage de gorges creusées par l’Eyrieux débutant. Notre prochaine halte se fera au bord du splendide lac de Saint Martial. Sur le cratère refermé d’un ancien volcan, le village se reflète dans des eaux dont la pureté permet le développement de nombreuses espèces sauvages.

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Sur un bitume pas toujours en bon état, nous finissons la montée vers le mont Gerbier-de-Jonc qui nous surprend de toute sa masse au détour d’une épingle.

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Nous ne manquerons pas de nous rafraîchir ou de remettre un peu de calories dans nos estomacs reconnaissants à la source de la Loire.

Jusqu’au lac d’Issarlès, le paysage prend des airs d’Ecosse! Une immense lande ondule gracieusement et la route y serpente en enjambant çà et là quelques jolis ponts de pierre.

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Le très beau lac d’Issarlès, lui aussi rempli artificiellement pour les besoins de production d’énergie est le prétexte à une nouvelle et bien agréable halte.

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Malheureusement, le parcours jusqu’à Coucouron puis la RN 102 sera ce jour-là quelque peu gâché par un épandage tout frais de quelques millions de gravillons dont la seule raison d’exister semble être de se glisser sous nos roues où de nous sauter à la figure lorsque des automobilistes s’enhardissent à dépasser les pauvres victimes de ces dégazages minéraux que nous sommes. Malgré tout, avec un humour qu’on ne leur connaissait pas, les services du département nous assurent par voie de panneau que « 15 jours de gravillons, c’est 15 ans de tranquillité. » Il suffit juste de ne pas tomber sur les 15 jours en question…

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Ainsi, notre périple du jour s’achève donc après Coucouron. Depuis Tournon sur Rhône, nous aurons parcouru environ 150 km. Si ce total peut sembler modeste, le nombre de haltes, la qualité et la variété des paysages et le nombre de virages de toutes sortes ne favorisent pas une moyenne bien élevée… N’oublions pas que c’est à un rythme très modéré que ce département se découvre.

 

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