Ca y est! Ils l’ont fait!

Honda vient de présenter la première moto qui ne tombe pas!

Pus besoin de poser le pied au feu rouge, finies les galères à rouler au ralenti pour slalomer entre les voitures!

Finis les malencontreux oublis de béquille! Envolés les lumbagos en voulant mettre 300 kilos de ferraille sur la centrale! Grace à ces glorieux ingénieurs, nos engins tiendront debout tous seuls.

Si on ne peut que saluer la performance technologique, on peut aussi s’interroger sur le coté poétique de notre pratique.

Finie la machine rutilante lovée sur sa béquille latérale, la roue avant contre braquée, superbe créature allongée sur le coté, dans sa petite tenue aguicheuse qui nous fait de l’oeil en nous promettant des moments d’extase pure.

Bientôt, nos machines se tiendront bien droites, dans un garde à vous martial, prêtes à obéir à nos ordres pourvu qu’ils ne soient pas trop stupides…

Car elle est là l’étape ultime! La moto intelligente, qui conduit toute seule! Elle roule déjà! Tout comme la voiture autonome.

Bientôt, nous pourrons rouler en toute sécurité! Grace à ces véhicules, il n’y aura plus d’accidents, c’est promis! Plus de morts sur les routes!

Mais alors, sur qui va se déverser le fiel de nos inénarrables contempteurs de la « violence routière »?

Plus besoin de pièges électroniques pour interpeller ces délinquants. Mais alors, qui va renflouer les caisses de l’Etat?

Comme elles seront belles nos routes pleines de ces clones à 2 où 4 roues qui fileront à 50 km/h avec une distance de sécurité parfaite entre elles!

Et que dire des superbes courses de Motogp dans lesquelles de magnifiques robots bariolés de couleurs criardes chevaucheront des machines qui ne tombent jamais. On salive d’avance devant les superbes attaques au freinage, les dépassements par l’extérieur. On acclame d’avance le futur champion du monde, Xrs592 et son intelligence artificielle prédictive.

Pour ma part, je prends un énorme plaisir lorsque je tourne la poignée de droite et que je sens cet élastique géant me projeter en avant, lorsque je viens caresser du bout du guidon les herbes hautes dans un point de corde bien appuyé et j’ai bien l’intention que ça continue longtemps comme ça!

En nommant ce blog, j’ai associé ma pratique à une passion. Je ne me résoud pas à un monde auquel on enlève toute notion de plaisir au nom de quelque pseudo sécurité, un monde dans lequel l’uniformité serait la règle sans aucune exception possible.

Heureusement, dans un tel monde survivront toujours des « Mad Max », tel mon ami Yves, juché sur son antédiluvienne bleue, des iconoclastes, des épicuriens, des « mange la vie ».

J’espère être l’un d’eux.

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