On garde tous un souvenir particulier de la première machine qui a fait de nous un « vrai » motard.

Je ne parle pas ici du premier 2 roues mais bien de la première moto : celle par laquelle on a accédé au grade officieux de chevalier de la gente motarde.

Ce destrier qui nous a tout à coup anobli, on lui voue un respect indéfectible. Pourtant, ce n’était pas forcément un mustang pure race.

Bien souvent, après avoir sué sang et eau dans un emploi pas forcément gratifiant pendant quelques semaines, on pouvait enfin se rendre chez le concessionnaire du coin pour trouver la perle rare. Plus question de baver devant ces machines qui ne demandaient qu’à se laisser emporter. Cette fois, les poches sont pleines, ou presque… C’est décidé : hors de question de repartir les mains vides !

Et puis, la voici !

Après avoir écouté d’une oreille distraite les conseils du vendeur tout en rêvant aux nombreuses balades à venir, il est temps de faire le chèque ; souvent le plus gros jamais fait…

Enfin vient le moment de chevaucher cet engin à plaisirs. Bien décomposer les mouvements pour ne pas caler devant le mécanicien qui vous regarde partir satisfait d’avoir fait un heureux de plus.

Puis, les premiers kilomètres, pas très assurés. Bientôt, ils s’additionneront par milliers et feront de nous des êtres à part dans ce monde standardisé au diesel. Au bout de quelques mois, le destrier bien en main, on tentera le premier long voyage. Peu importe si le fessier n’est pas encore accoutumé à cet étrange et étroit siège : un vrai motard sait souffrir en silence ! Peu importe si l’engin n’est pas prévu pour affronter de longs trajets : un vrai motard sait composer avec les inconvénients de sa pratique.

 

 

Mais, un beau jour, on commence à trouver à cette compagne des défauts qui ne nous étaient pas apparus aussi criants jusque là.

Alors, nous prennent des envies d’infidélité, des envies de goûter d’autres plaisirs avec une autre.

Et un beau jour, on craque pour une plus jeune, une plus puissante, une plus moderne, plus confortable. Plus tout !

Pourtant, quand vient le moment fatidique de la séparation définitive, on reste là, seul dans la nuit, à écouter le son de ce moteur qui nous a tant apporté jusqu’à ce qu’il disparaisse totalement dans le lointain.

Quelles que soient les qualités de la nouvelle compagne, ce jour-là et pour toujours, ce sont bien les pulsations de la première qui resteront gravées au fond de nous.

 

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