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Une balade à moto en Ardèche c’est une immersion dans un pays rude. Assailli par le soleil (et les touristes…) en été, parcouru par un vent glacial jusque dans ses plus infimes vallons en hiver.

Pour le motard, c’est surtout l’assurance de trouver des petites routes magnifiques, des paysages à couper le souffle.

Des plateaux de la montagne ardéchoise où le regard n’est accroché par aucun signe de civilisation, si ce n’est le quadrillage anarchique des champs sur lesquels ne pousse que l’herbe destinée à nourrir les animaux, on apprécie le côté sauvage, calme et reposant d’un pays de montagne. Ici, la vie se gagne chichement, on élève des animaux dont la viande et le fromage font le délice des gourmets. Les saisons sont marquées par des conditions météo d’une rigueur peu commune. Lorsque la « burle » souffle en hiver, il n’est pas rare de se retrouver bloqué par des congères obstruant tout passage.

Les villages sont blottis contre leur église, les ouvertures soigneusement tournées au sud, rempart dérisoire au froid mordant.

Le printemps et l’été y sont doux et les forêts de conifères sont le refuge de bien des enfants du pays partis « gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés ». Chaque week end, ils perpétuent à leur façon, dans leurs longues processions de métal et de pétrole, la tradition des transhumances depuis longtemps oubliées.

On y rencontre toutes sortes de routes: larges, étroites, lisses, bosselées… mais leur point commun est l’ingéniosité dont on fait preuve ceux qui les ont tracées pour éviter les lignes droites. Pas étonnant qu’elles aient été durant des décennies le théâtre des exploits des rois (et reines) du rallye via le fameux rallye Monte Carlo.

Si les vallées du Doux ou de l’Eyrieux sont les plus connues (et fréquentées…), le bonheur passe souvent par des petits chemins à travers la montagne qui desservent de petits hameaux dont le charme le dispute à l’authenticité.

Le décor change radicalement en redescendant dans la vallée du Rhône. L’histoire reprend ses droits et la route, à l’étroit entre le fleuve souvent majestueux et le piémont s’affirme comme une voie de communication. Elle y perd un peu de la poésie de ses soeurs montagnardes. Elle n’a qu’un seul but: le transit. De marchandises en hiver et de touristes en route pour les plages surpeuplées de la côte méditerranéenne en été.

Pour rejoindre le sud du département, mieux vaut garder de la hauteur et flâner au gré des douces ondulations du plateau du Coiron.

En quelques kilomètres, le paysage change radicalement.

Sur la lave refroidie des plus orientaux des volcans d’Auvergne, les arbres se font plus chétifs. Ici, ils souffrent autant du froid de l’hiver que de la chaleur de l’été. Puis le sol calcaire apparait très vite et avec lui son cortège de plantes méditerranéennes: chênes verts, buis et valérianes accompagnent nos pérégrinations.

Le sud est le pays du soleil. Si le vent y est également très actif, notamment en hiver, les étés y sont très chauds. C’est le royaume des campings et de leurs cohortes de véhicules attelés (non, ce ne sont pas des side-cars…). Le soleil se consomme ici en hollandais ou en belge! Le touriste se reconnait au premier coup d’oeil à sa superbe teinte qui va du rosé à l’écarlate et qui n’est pas le fruit de la bière! Encore que celle-ci doivent y contribuer parfois.

Les routes ont du être dessinées par des proches parents des traceurs du plateau car leurs caractéristiques ne varient guère: la ligne droite est pour ainsi dire bannie du vocabulaire. Elle n’est là que pour reposer un peu les flancs des pneus et la plupart du temps sert de prétexte à admirer un paysage superbe qui aurait mérité une halte photographique mais qui restera gravé dans notre mémoire quand même.

De toutes façons, sur ces terres, la moyenne horaire déjà extrêmement basse impose de sacrifier quelques pauses sous peine de se retrouver dans des temps dignes d’un  cycliste peu entrainé. Mais après tout pourquoi pas! Il faut seulement bien prévoir une capacité de mémoire suffisante dans l’appareil photo…

Bien sûr, les gorges sont une étape incontournable pour tout motard qui se respecte! Mais il ne faut pas négliger quelques itinéraires moins connus et qui peuvent réserver leur lot de surprises .

Toutefois, il est préférable de sillonner ces magnifiques routes hors saison. Le printemps et l’automne sont assurément les meilleurs moments, tant pour la chaleur que pour la fluidité de la circulation.

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