1e jour: de la plaine du Rhône à Manosque

C’est sous un ciel menaçant que nous avons traversé la vaste plaine du Rhône. De ci de là, quelques champs de lavande peinaient à teinter de bleu la campagne verdoyante. Le géant de Provence, sans doute vexé de ne pas nous voir fouler ses terres s’était nimbé de gris et ne daigna pas nous gratifier de sa compagnie. Tant pis pour nous!
La magnifique vallée du Toulourenc nous a ouvert les bras. Mais pas en grand, non. A sa façon à elle, tout en retenue, presque cachée, intime. Il faut dire que son imposant voisin peut lui faire ombrage!
Elle nous dévoila quelques villages typiquement provençaux, avec leurs ruelles coquettes et leur campanile. Mais aussi quelques routes embaumées de genêts en fleurs qui nous régalèrent les narines.
Après avoir jonglé plusieurs fois entre Drôme et Vaucluse, nous entrâmes dans les Alpes de Haute Provence en sinuant dans une large vallée bordée au sud par le massif de la montagne de Lure. Ici, c’est la Provence de Barjavel et de sa Charrette Bleue, celle de Giono. La Provence telle que les touristes que nous étions ne peuvent qu’appréhender un court instant, à la belle saison. Celle des longues journées de mistral glacé, des rudes travaux des champs, celle du bétail qu’il faut nourrir, mais aussi des interminables journées d’été sous la fournaise de ce soleil qui dessèche tout nous ne la connaîtrons pas.
Lorsque nous débutâmes la montée vers la montagne de Lure, nous fûmes ravis de trouver un peu d’ombre. D’abord ce furent les pins qui nous accompagnèrent, puis les hêtres prirent leur place. Nous arrivions dans le domaine de la montagne. Enfin ce furent de vastes et rases prairies rocailleuses qui nous emmenèrent au sommet où, là encore, le ciel capricieux nous empêcha de nous régaler d’un paysage surement extraordinaire.
Nous quittâmes donc la montagne un peu sur notre faim pour retrouver la chaleur de la Méditerranée.
Fort heureusement, notre hébergement à Manosque (le Flower Camping Provence Vallée) nous accueillit avec la plus grande bienveillance. Pour des voyageurs à deux-roues, le poids est l’ennemi et la place manque toujours pour les bagages. Aussi, savoir que le linge de maison nous attend, que les fenêtres du charmant lodge sont ouvertes pour l’aérer et qu’un petit cadeau local attend dans le frigo que nous le dégustions, nous a permis de bien conclure cette journée de moto.
Un petit tour dans Manosque et ses innombrables placettes dans la ville médiévale nous a amenés vers un charmant petit restaurant (l’Antre Deux) à la nourriture aussi délicate que copieuse.
La dessus, nous avons terminé la soirée en contemplant les lumières de la ville et en se remémorant les kilomètres parcourus dans ce beau pays.

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