« Et voilà ! J’en étais sûre ! Avec ce ciel plombé, quelle idée il a eue de m’emmener promener dans les gorges de l’Ardèche en Février ! Maintenant, on tombe sur une route en travaux… enfin, route, c’est un grand mot ! Champ de patates boueux serait plus approprié ! Heureusement que ça ne dure pas ! N’empêche que ma belle robe «Metallic mat fibroin gray » (gris mat, quoi…) est toute constellée de taches de boue !

Pourtant, tout avait bien commencé : à peine  sortie du carton chez Label Motos à Montélimar quelques petits tours tranquille, histoire de se dégourdir les bielles. Et puis cet énergumène qui m’embarque dans sa balade insensée !

Au début, une belle petite montée toute en épingles dans un paysage à la beauté sauvage encore renforcée par ce timide soleil hivernal pour faire connaissance. J’ai pu lui faire apprécier mon couple bien gras sur ces nombreuses relances à très basse vitesse et la facilité à me placer d’un seul coup d’œil. Ca pour être docile, je le suis !!! Mais faut pas me chercher ! 145 chevaux, tout de même!

Déjà sur le plateau, dans ces grandes enfilades que j’adore, on voyait le ciel noir d’orage se rapprocher. La route s’humidifiait petit à petit en de larges taches qui commençaient à me moucheter.

Maintenant, on va fuir devant l’averse et retourner vers des cieux plus cléments, j’espère !

En tout cas, il est bien assis car ses seules poses sont pour me prendre en photo dans des endroits certes magnifiques mais pas forcément autorisés aux 2-roues. Et encore, ça ne dure pas plus de quelques minutes…

Dans les tunnels, je peux faire tranquillement résonner le son caverneux de mon petit Akrapovic, aussi joli que discret. Je ne connaissais pas cette sensation de réverbération et d’amplification du son dans ces endroits froids et humides mais c’est bien agréable.

Maintenant, ce sont des pierres bien tranchantes qui se promènent sur la route dans des virages déjà piègeux. Là,  mon freinage de très bonne qualité va le rassurer, c’est sûr.

Puis, il m’entraîne dans la longue descente vers la vallée. Les virages s’enchaînent, le bitume n’est pas toujours idéal, mais comme je suis bien élevée et prévenante, je ne vais pas trop le secouer et je ne me rebifferai pas sur quelques entrées de virages optimistes, pour ne pas dire brouillonnes.

Plus loin, sur une descente abordée à un rythme soutenu sur une belle route enfin sèche, j’ai même pu lui faire scintiller mon voyant de Traction Control sur quelques courbes qui m’ont usé les pneus loin sur les flancs ! Vous voyez que je suis prévenante ! Je lui dirai plus tard qu’il était réglé sur le niveau le plus sensible, histoire de ne pas trop le démoraliser…

Pour être honnête, tout n’a pas été rose pour lui non plus : ces petites vibrations vers 5000 tours/mn, ces à-coups d’injection à la remise des gaz, c’était pour lui faire comprendre que la perfection n’existe pas !

Au final, on a quand même passé un très bon moment tous les deux. Par contre, je pense que sa femme doit être un peu jalouse : « pas question de monter sur une selle qui se résume à la taille d’un mouchoir de poche ! Et en plus il n’y a même pas de poignées passager ! » a-t-elle asséné.

Non mais quoi encore !!! On ne va pas gâcher ma superbe ligne qui fait tourner les têtes avec des attributs de ce genre !!! »

 

 

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