En ces temps de froideur qui modèrent l’ardeur de nombreux motards, certains ont la chance d’habiter une région où la clémence des éléments permet de profiter de son destrier toute l’année. Bien sûr, il ne faut pas craindre l’onglée matinale, mais le soleil toujours présent réchauffe vite les ardeurs. Ensuite, il faut savoir choisir son but…

Ainsi, me voilà parti de bon matin en direction du Mont Ventoux.

On connaît mon attirance toute relative pour son ascension. Mais là, de toute façon, la route est fermée ! Excellente raison pour en faire le tour !

C’est par le Nord que nous allons débuter notre périple. En cette saison, les routes désertes de la vallée du Toullourenc sont un délice. Toutes en courbes douces, à l’abri d’un vent glacial qui reste dans la vallée du Rhône, elles invitent à flâner tranquillement sous le regard du Géant de Provence. L’occasion d’admirer de charmants petits villages qui prennent le soleil, alanguis face au Sud.

Le village perché de Sault sera l’occasion d’une pause café pour profiter un peu du superbe paysage qui s’offre à nous sur cette magnifique campagne provençale si éloignée des images d’Epinal. De belles et douces collines se renvoient leurs camaïeux de couleur : le vert profond de la garrigue, les jaunes flamboyants des vignes, le marron plus ou moins tendre des champs labourés. Tout ceci dans une harmonie de courbes délicates. Pas étonnant que les plus grands peintres aient choisi ces lieux pour exercer leur art.

A mesure que l’on prend de l’altitude, les ravins se font plus abrupts, les rochers font leur apparition jusqu’à déboucher sur le belvédère des gorges de la Nesque. J’ai rencontré là les rares êtres vivants de cette journée : à commencer par un beau sanglier plus où moins apprivoisé, comme plusieurs de ces congénères, par les occupants de la maison voisine ! Le propriétaire des lieux m’a expliqué que l’affluence estivale plaisait tellement à ces animaux qui se délectent des restes de repas laissés plus ou moins volontairement par les touristes qu’ils en viennent à mendier leur pitance ! Ils sont les gardiens de ces lieux et on se doit de leur payer une redevance pour la splendeur des alentours!

Au dessus d’un bel à-pic, le regard s’étire jusqu’au « Mont Chauve » qui n’a jamais si bien porté son nom. De là, c’est une très longue descente qui nous guide à travers le maquis par quelques tunnels. Parsemée de quelques pièges dans des portions à l’ombre, elle peut même s’apprécier en roue libre pour respecter la quiétude qui s’en dégage tout autant que pour ne pas troubler les quelques cyclistes qui s’étaient attaqués à cette solide ascension.

Cet environnement à la fois minéral et recouvert de cette végétation typique de la Méditerranée n’est pas sans rappeler quelques passages des gorges du Verdon. En modèle réduit… En tout cas, c’est vraiment un très grand moment de moto.  

Pour compléter le tour de cet emblème de la Provence, nous rejoignons Bédoin, puis Malaucène dans un grand moment de moto, ou la ligne droite est bannie !

C’est ensuite en traversant quelques fameux vignobles que nous finirons la journée. Mais, poussés par le soleil déclinant, nous nous contenterons de les traverser. La prochaine fois, on s’arrêtera ! Promis !

 

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